Salvador le 03 février 2006

 

Nous voila installés à Piatã, proche de Itapuã. Le dentiste du coin nous a loué un petit deux pièces inclus dans son condominium. A 200 mètres de la plage PLACAFORD.

Bon j'en étais resté à Canela. Les derniers jours là bas ont été plus chauds et moins humides que les précédents, Nous avons pu, le vendredi, faire un tour touristique de Caracol connue pour sa cascade.

C'était assez folklorique ! Un gaucho, que nous avions déjà repéré dans la ville, était le chauffeur du bus. Digne de Dysneyland ! pas très confortable malgré ses petits coussins et tout vitré ! Nous avions déjà visité Caracol il y a trente ans. C'est aujourd'hui plus organisé et touristique. Un télésiège a changé le paysage, on monte et on descend au milieu des forêts d'hortensias et d'auraucarias. Nous avons juste le temps de faire l'aller et retour, il faut déjà remonter dans le bus pour continuer le circuit. Parmi les participants, tous les membres d’une famille mineira (de l'état des Minas Gerais ! ) confondent le bus avec leur voiture particulière. Ils nous font tous attendre sans vergogne à chaque arrêt !

Ensuite visite de la maison des "bonecos" ; puis du castelinho de Caracol (ancienne auberge transformée en musée de la colonie allemande et qui sert un savoureux « apflestrudel“ !  j'aurais du succès ici avec toutes les vieilleries de Moustéru !) ; le musée du train à vapeur devant lequel ils ont reconstitué grandeur nature l'accident du train de Montparnasse ; puis une chocolaterie où est exposé le plus gros lapin en chocolat du monde (reste à prouver !). La tendance est un peu à l'exagération, il parait même que Caracol est le troisième lieu visité au Brésil après le Corcovado à Rio et les chutes d'Iguaçu ! On n’est pourtant pas à Marseille.

Après cela nous en avons eu marre de jouer les touristes. Nous les avons laissé tomber et nous sommes rentrés à pied. Il restait encore à visiter la ferme de Mamãe Noël.

Visite à Caracol

M A est venue passer le week-end avec E, son ex, qui a maintenant 84 ans et P son petit-fils qui a 8 ans. Nous sommes redescendus sur Porto Alegre avec eux, aux aurores du lundi matin.

Nous avons passé les deux jours suivants à PA dans l'appartement de R qui a joué parfaitement son rôle d’amphitryon !

La chaleur était revenue sur PA, mais plus raisonnable qu'à notre arrivée, quand même encore au-dessus de 30 degrés !

Nous sommes retournés nous promener dans le centre de PA pour essayer de retrouver quelques souvenirs, car en voiture à travers la ville immense je reconnais peu de choses, à part les rives du Guaíba. Nous avons retrouvé des noms : Praça da Alfandega, rua das Andrades, rua da Praia, les lojas americanas, des fragments de souvenirs. Le centre est très disparate. Quelques très anciens bâtiments ont été restaurés. Un méli-mélo d'immeubles modernes et de vieux immeubles style portugais. Certaines constructions très hautes, béantes, en ruine avant même d'avoir été terminées, vestiges sans doute d'affaires immobilières douteuses surplombent et sont certainement squattées. L'insécurité règne, partout des camelots vendant de tout et n'importe quoi, une foule compacte courant dans tous les sens, mélanges d' « executives » à l'américaine, de gens du peuple, de paumés à mines patibulaires et droguées ! On entend tous les jours au journal télévisé national parler des vols à la tire de PA. Il ne faut surtout pas sortir son téléphone portable, ni se promener avec des écouteurs aux oreilles. Dire que quand nous disons ici que l'on part à Salvador, tout gaucho nous met en garde en nous disant que tout « baiano » est un « malandro » ! Au final, nous n’avons pas eu envie d'y rester très longtemps, juste le temps de boire un jus sur la place et nous avons pris un taxi pour retourner chez R. Il y a un contraste énorme entre le centre de PA et le reste de la ville. Il paraît assez scandaleux de constater que le centre a été complètement abandonné, alors que le reste de la ville s’est développé à l’européenne et les quartiers résidentiels paraissent riches. Les shoppings géants d'Iguatimi et de Praia Bela en sont l’illustration. Des planètes très éloignées !

Le mardi soir nous nous sommes retrouvés, F, R et nous deux. D'abord devant une caipirinha (la première) faite par R, puis nous sommes allés dans un restaurant retenu par F, dans un quartier chic, restaurant à la française, "le bistrot", où le prix est inversement proportionnel au volume de nourriture dans son assiette, mais proportionnel à la longueur et à la sophistication du nom du plat ! R et Dominique avaient en vain prévenu F qu'il serait notre invité. Quand je voyais le prix des plats, j'étais gênée. Finalement, discrètement, Dominique est allé payer pendant que nous discutions en fin de repas. F ne s'est aperçu de rien, il a encore commandé un café  et une tisane, puis a demandé la note, a donné sa carte, a signé ! Je pense qu'aujourd'hui encore il est persuadé d'avoir payé. Si un jour il s'en aperçoit, il sera très fâché ! L'ennui avec lui c'est qu'il veut toujours tout prendre à son compte. M A qui a su l’histoire dit qu’elle va quand même s’arranger pour lui en parler, car elle a peur que le restaurant ait empoché deux fois la note, une fois avec Dominique et une autre fois avec F.

Mercredi, R nous a amené déjeuner au Veleiros (club de voile de PA ). Nous y allions parfois avec Al et M des amis du temps de Guaíba. Ça n'a pas beaucoup changé. Sur les bords du Guaíba, face à la ville. Un ami de R, T, est aussi de la fête. Il est pharmacien en retraite, passionné de nature et d'agriculture. On ne s’est pas ennuyé devant le buffet très garni, le tout arrosé de caipirinha !

Mercredi soir, envol pour Salvador, via Rio. Nous arrivons vers minuit, un taxi nous amène à la « pousada Itapuã beach » où nous avons réservé. Il fait encore chaud malgré l'heure. Epuisés, nous nous retrouvons dans une chambre monacale, ambiance un peu oppressante malgré le ventilateur. Les fondus enchaînés sont toujours durs, surtout entre deux mondes aussi différents !

Demain sera un autre jour !

Quelques jours à Porto Alegre

 

Le 09 février

Les doigts de pied en éventail sur la plage d’Itapuã, à l’ombre des « amendoeiras » et des « coqueiros », Dominique fait sa sieste !

Déjà une semaine que nous profitons de ce scénario de rêve. Dès notre arrivée, nous nous sommes mis à la recherche d’un point de chute. La marche dans les rues d’Itapuã dès 10 heures du matin est éprouvante. Le soleil cogne sans vergogne sur nos peaux blanches de nordistes (de l’hémisphère nord !) ! Nous avons trouvé chez le dentiste du coin une location visitée très rapidement. Dès le vendredi nous nous sommes installés. C’est vraiment petit, manque de paysage, sans fenêtre, air très étouffant malgré le ventilateur ! Il a fallu d’abord s’organiser, acheter des ustensiles de cuisines indispensables, un balai, que nous croyons trouver dans une location. Le lit qui occupe à peu près tout l’espace, serait assez confortable si le matelas n’était pas recouvert d’une matière plastique qui nous fera liquéfier jour et nuit ! On a quand même obtenu une télévision dans le marchandage, nous allons pouvoir suivre les telenovelas !. Nous ne nous sommes engagés pour la location que jusqu’au 16 février date prévue pour notre retour à PA. Le loyer de 400 reais est très modique.

L’avantage de l’endroit est la proximité des plages : Piatã, Placaford, plus fréquentées et plus sophistiquées que celles d’Itapuã même. D’après les guides et les habitants du coin, Placaford est la plage la plus propre de la côte atlantique de salvador. Il nous a fallu quelques jours pour prendre nos marques : repérer les supermarchés, les restaurants, le cybercafé. Il y a de tout mais il faut beaucoup marcher.

Itapuã

Finalement, à l’usage, nous en reviendrons un peu de l’endroit et nous préfèrerons souvent marcher jusqu’au phare d’Itapuã pour retrouver une autre authenticité et une eau aussi propre.

Le restaurant au kilo que nous avons trouvé, spécialisé en « Codornas » (cailles), prétendument aphrodisiaques, nous semble quand même un peu bizarre. Non pas par ses produits aphrodisiaques, mais par le fait qu’il est immense, presque toujours vide, que les serveurs et serveuses nous font des ronds de jambes qui nous agacent. Nous arrêterons vite d’y aller. A côté, il y a un énorme fast-food, genre « Macdo » qui s’appelle Habib’s. Mais il n’a rien d’américain, c’est un fast-food arabe, chaîne répandue dans tout le Brésil et qui sert des taboulés, des kibes, des pitas, des pizzas, des jus de fruits frais et qui deviendra vite notre principal fournisseur !

Nous avons vite décidé de rester à Salvador jusqu’à la fin du mois mais de changer d’hébergement. Nous avons parcouru les arrières d’Itapuã sous le cagna et nous avons découvert une pousada dans un coin très tranquille, pas très éloignée de l’endroit où nous sommes, mais tournée vers d’autres horizons. Elle s’appelle « Grão de araia » (grain de sable) et elle est encore plus proche de la plage, du cybercafé et du centre d’Itapuã. Nous avons du marchander dur, car l’ombre du carnaval pointe et tous les prix des locations vont doubler et même tripler de prix ! (nous pourrons constater que c’est basée sur une légende entretenue, car au moment du carnaval, ça ne sera pas aussi complet que cela !). On s’est mis d’accord pour 900 reais à partir du 16 jusqu’à la fin du mois. Reste encore notre billet d’avion à changer. Nous avons déjà regardé sur Internet que la compagnie GOL fait des prix intéressants le 27, veille du mardi gras. C’est au cœur du carnaval et sûrement peu de gens vont voyager ce jour, ce qui explique les prix. Nous prenons le bus pour l’aéroport et quelle n’est pas notre surprise quand on nous dit au guichet de la GOL, contrairement à ce qu’on nous avait dit à l’aéroport de Porto Alegre, qu’ils ne peuvent rien pour nous puisque notre billet a été acheté sur Internet. Ils nous conseillent d’aller à Vitoria capitale de l’Etat d’Espirito Santo où se trouve le siège Internet de la compagnie, ou à Gramado, à l’agence qui nous a fourni le billet ! kafkaïen ! Dominique s’énerve et se fâche avec tout le monde ! j’essaye de tempérer et une fille tente calmement d’expliquer qu’en téléphonant à Gramado, l’agence doit pouvoir faire quelque chose pour nous. Nous téléphonons et nous tombons sur le gars qui nous a vendu le billet et qui se souvient bien de nous. Il s’étonne qu’à Salvador ils mettent autant de mauvaise volonté et il nous demande de rappeler dans 10 minutes. Il va tout arranger. En effet 10 minutes d’angoisse après, il nous propose deux vols possibles, nous choisissons et en plus nous n’avons rien de plus à payer ! ouf ! ça ne valait pas l’énervement !

On se promène essentiellement en bus dans Salvador. La ville est très étendue. Itapuã qui en fait partie se trouve à 25 km du centre. Par contre, elle est assez proche de l’aéroport où nous arrivons en moins d’une demie heure. Le bus est vraiment la meilleure façon de connaître une ville. Il y a à Salvador une multitude de compagnie d’autobus. Il en passe en continu ! Ils coûtent peu cher, le tarif est unique quel que soit le trajet, 1,60 ou 1,70 reais et ils sont gratuits pour les plus de 65 ans. Dominique en profitera une ou deux fois, mais il aura honte de prétendre aux avantages sociaux vus ses moyens, surtout quand c’est si peu cher !

Pour aller au centre nous mettons une heure à une heure et demie selon le moment de la journée et pour ce prix ! Il faut quand même regarder sur le pare-brise avant de monter, les prix sont affichés et il y a certains petits bus à air conditionné, les « executivos » qui coûtent près de 5 reais ! Nous en prendrons une ou deux fois accidentellement, mais ça nous permettra de faire un voyage un peu plus cool et moins secoués ! Souvent il faut serrer tout ce que l’on peut ! ils vont vite, doublent sans beaucoup de précautions, les règles du code de la route à Salvador ne sont pas celles que je connais ! c’est assez particulier !

Un des premiers soirs, nous avons voulu aller à Barra, quartier de Salvador très réputé, pas très loin du centre, juste à la pointe est de la baie de Tous le Saints, avant que ne commencent les plages de l’atlantique. Nous avons pris un bus presque vide, vers 20 heures. Il fonçait et nous étions sacrément secoués. Il nous arrêtés au shopping de Barra, encore un shopping super géant et luxueux, où nous avons l’impression de débarquer sur une autre planète. Plus loin que nous ne pensions de la côte, nous avons du marcher plus que je n’avais pas prévu, mes chaussures me faisaient mal aux pieds ! Nous sommes quand même arrivés jusqu’au port et nous sommes promenés le long de la corniche. Les plages sont toutes éclairées et l’ambiance est très familiale et sécurisée. Cela m’a beaucoup surprise car ce n’était pas du tout le souvenir que j’en avais. Du coup, toute mon appréhension disparaît. J’avais quand même l’angoisse qu’il n’y ait plus de bus pour rentrer à Itapuã. Vers 10 heures nous attendons un moment à un arrêt de bus et nous voyons enfin écrit Itapuã ! Le retour a été plus calme !

Le dimanche suivant, nous prenons un bus qui après quatre arrêts nous dépose devant un hypermarché. Sauvés, nous achetons des produits de première nécessité : antimoustiques, protecteur solaire, puis je m’offre le luxe d’acheter du steak, de la salade, des pâtes, histoire de retrouver un peu de cuisine familiale !

Le programme de la journée est bien simple : Dominique sort le matin pendant que je me réveille doucement en regardant les infos à la télé qui est au-dessus du lit. Les nuits sont un peu pénibles, à cause des moustiques (peu à peu ma stratégie s’affine !) ; à cause du matelas en plastique qui condense toute la sueur et qui fait aussi un boucan épouvantable quand on se retourne ; à cause du ventilateur qu’on laisse tourner toute la nuit pour essayer de rafraîchir, de diminuer la sueur et d’éloigner les moustiques (l’effet est loin d’être efficace !) …. A part cela, tout va bien ! J’arrive à mieux me reposer après 6 heures du matin, quand les « bem ti vi » commencent à piailler ! Entre 11 heures et midi, nous passons à Internet relever notre courrier, puis en route pour l’aventure. ! La solution du jour pour déjeuner : kilo restaurant, poisson grillé sur la plage, taboulé, pita chez Habib ?  . Il y a le choix. Puis plage, plage, plage avec cervejinha, cervejinha, cervejinha, jusqu’à la fraîcheur. Puis marche dans la quartier ou jusqu’au centre d’Itapuã pour faire quelques courses, pain, jambon, fromage, fruits qui constituent l’essentiel de notre repas du soir. Ce sont le telenovelas qui décident de nos horaires du soir !

 

Le 14 février

Mardi le ciel est un peu couvert et il tombe quelques gouttes, aussi nous décidons de consacrer notre journée au Pelourinho centre historique de Salvador. Nous prenons  le bus qui nous amène au pied de l’ascenseur « o elevador » à Terminal França, près du port et du « mercado modelo ». Nous nous retrouvons comme il y a un an. Nous montons au quartier historique par l’ascenseur, pilier haut de 15 mètres. Nous retrouvons nos habitudes, nous errons dans les petites rues escarpées du Pelourinho. Le restaurant de l’école de cuisine a ouvert un restaurant kilo sur la place du Pelourinho où nous dégustons le cuisine de Bahia. Le temps s’est découvert depuis ce matin, il fait très chaud et l’ombre coûte chère ! Une glace et une cervejinha sur la place en haut de l’ascenseur sont les bienvenues. Puis nous reprenons un bus de retour. La balade le long de la côte est un vrai régal à cette heure, au couchant du soleil : Barra, Ondina, Rio Vermelho, Jardim de Alah, Pitubà, les quartiers se succèdent plages après plages. Il y a ainsi 25 kilomètres de plages avant d’arriver à Itapuã. La nuit est tombée bien avant que nous arrivions à destination. Il n’y a pratiquement pas de crépuscule à cette latitude.

Pelourinho1

Le lendemain matin nous partons en fin de matinée au centre d’Itapuã où j’ai laissé mon téléphone portable à recharger pour la nuit. Je n’arrive pas à le charger à l’appartement. Entre 11 heures et midi, la marche au soleil est un vrai supplice ! Le soleil est au zénith et même en se collant aux murs il est difficile de trouver de l’ombre. Nous décidons ensuite d’aller à la plage entre le centre d’ Itapuã et le pointe extrême, où est le phare. C’est un peu plus pollué que Placaford, mais nous trouvons l’ambiance moins sophistiquée et les gens plus abordables. C’est tranquille, même le week-end. Marche sous les arbres quand c’est possible, plus souvent en plein soleil sur le sable brûlant. Il faut souffrir, mais quelle récompense à l’arrivée. On choisit une paillote, on s’assied à une table sous un parasol le plus immense possible ! On commande une bière bien glacée, un poisson grillé qui vient accompagné de riz, de farofa (farine de manioc), de pirão (sauce à la fécule de manioc et l’huile de dendé), de crudités. Le BONHEUR !

Quel régal de passer une après-midi assis sans rien faire sur la plage à regarder les camelots passer ! Tout, jusqu’au plus incroyable se vend ici. C’est un vrai métier, camelot, ils sont de tous les âges, depuis le gamin de 7-8 ans au pépé ou à la mémé de plus de 70 ans. Et ce n’est pas de la mendicité, ils ont tous quelque chose à proposer. Mais la concurrence est grande et sans doute chacun rentre-t-il le soir avec peu de pièces dans sa poche. Les week-ends les affaires sont plus florissantes. Chacun essaye de développer une originalité pour attirer le client. Toujours avec humour et gaieté. Les plus fréquents sont les marchands de nourriture : glaces, jus, cajous, cacahuètes, coco gelado et surtout fromages qu’ils grillent sur la braise (ils se promènent avec un petit brasier qu’ils attisent en les tournant comme l’enfant de chœur l’encensoir !), crabes, brochettes de crevettes, œufs de caille. Pour la nourriture, il y a aussi, mais moins ambulante et plutôt le week-end, à chaque paillote, une baiana installée sous son parasol avec tous ses instruments de cuisine et ses ingrédients et qui cuisine à la baiana, des aracajés (beignets de manioc, frits dans l’huile de dendé), farcis de crabes, crevettes, pirão et autres ingrédients très épicés. Puis ensuite, ce sont les marchands de produits de plage : casquettes chapeaux sombreros, lunettes de soleil, crêmes solaires, chemises, robes, draps de plage, tapis, hamacs, sacs tissés, ballons, bouées, …. Puis les loisirs et les artistes : CD-DVD, bibelots de coquillages, panneaux incroyables de bijoux, colliers, bracelets, boucles d’oreilles, chaque panneau constitue une œuvre d’art ; des tatouages (garantis 40 jours !) ; des bulles de savon, des chouchous, des décorations pour les cheveux, …. Le plus original que nous ayons trouvé est un marchand de chansons ! Ils nous a improvisé un hymne personnel, un « cordel » sur « o doutor e a doutora » ! On lui a donné 5 reais ! Il improvisait pour chacun, passant d’une table à l’autre, son leitmotiv était toujours le même, mais il mettait des paroles personnelles selon l’allure et le comportement de chacun. Il était doué et très drôle.

farniente sur la plage

Dominique s’est cassé une dent et a eu besoin d’un dentiste. Comme notre propriétaire est dentiste il s’est adressé à lui. Très honoré a-t-il dit et il la emmené le lendemain à 8 heures à son cabinet. A midi il n’était toujours pas rentré. J’étais déjà inquiète pensant qu’il avait peut-être eu un malaise. Il est rentré vers une heure, le sourire à moitié refait ! Le dentiste lui avait refait la moitié de la bouche pour 300 reais et l’attendait encore l’après-midi pour faire l’autre moitié ! Pendant que j’étais sur la plage l’après-midi, il a continué son œuvre et le soir Dominique avait retrouvé un sourire de star, pour environ 500 reais (200 euros). Pour combien de temps ? Le dentiste compte bien le revoir l’année prochaine car il dit avoir encore des coins à visiter ! J’ai fait un portrait du sourire avant qu’il n’en prenne un coup !

 

Le 16 février

Depuis que nous sommes arrivés à Itapuã nous attendons ce jour. C’est aujourd’hui le « lavagem d'Itapuã ». C’est le jour où les femmes vont laver l’église. On nous a prévenu qu'il y aurait foule. Les festivités partent de la plage de Placaford, la plus proche de chez nous. Très tôt nous allons nous placer sur le bord du trottoir. Le défilé doit commencer à 11 heures et déjà à 9 heures et demie, le soleil cogne et il nous faut trouver un ombre durable ! Au coin de la station service, nous trouvons un arbre bien fourni et nous nous plaçons là, vite rejoints par d’autres badauds comme nous. Le spectacle a déjà commencé avant les festivités officielles ! Ils est plus dans l’environnement et les préparatifs que dans le défilé lui-même qui se fera beaucoup attendre mais restera assez frustrant. Les préparatifs sont très fiévreux. Une agitation incroyable, de toutes parts, des policiers, à pied, à cheval, en voiture, des camelots, vendant de tout ce que l'on peut imaginer, surtout des rafraîchissants, des glaces, des bières, de l'eau, des conteneurs en isopore pour garder ses boissons au frais, des chapeaux, des immenses sombreros, des casquettes, des lunettes de soleil, de la crême solaire. Enfin avec beaucoup de retard, le défilé démarre. D'abord les baianas, chargées de fleurs qui vont laver les marches de l'église. Des batucadas, des danseurs de capoieira, des manifestations politiques dignes d'un 1er mai. La musique, les chanteurs, les percussions font le fond sonore et bien sonore ! Une bonne répétition une semaine avant de démarrer le carnaval !

lavagem

Tout le monde nous a mis en garde nous disant que jusqu’à 14 heures ça restait bon enfant, mais qu’après ça tournait dangereux avec les « trios eléctricos ». Alors dès le défilé passé, nous nous dépêchons de manger au restaurant kilo du coin et nous allons ensuite organiser notre déménagement. La circulation des bus, taxis voitures est interrompue sur le front de mer. Nous trouverons quand même un taxi sur l’arrière ville qui transportera nos maigres bagages sur les 500 mètres qui séparent notre ancien domicile de la pousada où nous allons nous installer. Nous ne voulons rien laisser des ustensiles que nous avons du acheter. Nous trimballons le tabouret, la casserole, les tasses, le miroir, entre autres. Nous laisserons seulement le balai un peu encombrant à transporter ! Nous prenons possession de notre nouvelle demeure. C’est spacieux. L’hôtel est de plein pied, très ouvert, des chambres au milieu de la nature, entourant une « malouca » (grande pièce ronde et centrale, au toit de palme où vivent les Indiens) où Dominique repère vite les hamacs. La décoration est recherchée, artisanale et très tropicale. Une association de femmes gère le tout, la patronne rarement présente mais qui mène par téléphone toute son équipe de femmes. C’est une ambiance très familiale.

pousada grão de areia

Notre chambre, tout au bout d’une allée, est plutôt une suite ! très rustique. Un toit couvert de tuiles, mais ouvert à tout vent. L’aération est assurée, mais aussi les moustiques ! Un grand matelas sur un socle de ciment qui va me casser le dos pendant tout le séjour ! une autre petite chambre dans le fond avec deux petits lits où Dominique préfère s’installer, une salle de bain avec douche électrique (je n’ai pris que des douches froides chez le dentiste !), un coin cuisine avec un frigidaire mais sans réchaud. Il fait très chaud, tous les ventilateurs donnent à fond ! A part les moustiques, le négatif, car il y en a toujours : un chantier très bruyant derrière et qui travaillera même certaines nuits !

Dès que nous nous installons, le bruit est intense, chantier et musique saturée se mélangent. Au début je crois que ce sont les ouvriers du chantier qui mettent la musique à fond, mais si intense et cacophonique ? ça va, ça vient ! on ne peut pas s’entendre parler. Moi qui aime tant la musique du Brésil, je trouve que c’est vraiment trop, la saturation et la cacophonie détruisent tout plaisir !

Cela a duré toute l’après-midi et nous sommes restés cloîtrés comme on nous avait conseillé, essayant quand même de suivre les telenovelas sur la télévision commune. Car autre point négatif, nous n’avons pas de télévision dans notre chambre.

Pourtant vers 18 heures, nous nous sommes risqués à sortir, la faim commandant ! La « moça » de l’hôtel nous a bien recommandé de faire attention. Mais dans les rues, l’ambiance nous semble bien paisible, bon enfant, des familles, des amoureux, vont et viennent. Tous semblent converger vers le bord de mer et c’est effectivement de là que viennent les cacophonies ! Nous cherchons des commerces ouverts, mais à part les cafés, tout est fermé. Nous sommes nous aussi, contraints de converger vers le bord de mer. Habib’s est éclairé et semble ouvert. On s’y dirige et là, on découvre enfin la source de tout ce tapage, les « trios elétricos » : immenses camions, trucks américains aménagés en caisse de résonance avec en haut l’orchestre, les chanteurs les danseurs, défilent au ralenti, les uns à la suite des autres. Tout autour, une foule compacte se trémousse et saute au rythme de la musique ! La bière et sans doute aussi la cachaça coulent à flot ! Quelques excités éméchés vont écouler leur trop plein de bière dans toutes les rues perpendiculaires ! Mais aucune impression de danger ! Les clients rentrent au Habib’s au compte goutte, tout est policé, surveillé. Nous commandons une pizza que nous ramenons à l’hôtel. Nous avons un peu l’impression que la légende d’insécurité est entretenue et ajoute à l’ambiance de la fête. A cause de cela nous avons failli rester dans l’ignorance et ne pas connaître les « trios elétricos » ! Il est vrai qu’en plein centre ville la fête doit être plus intense et peut-être plus dangereuse. Il n’est sans doute pas prudent de rester traîner à des heures plus avancées. Nous aurons quand même connu cela !

Dans toute ce défoulement populaire, la discipline existe, car après neuf heures du soir, les musiques se sont calmées ! La nuit a été tranquille, sauf pour mon dos ! ….

Le lendemain matin vers neuf heures, nous sommes allés au cybercafé qui se trouve sur le bord de mer, donc au plein cœur de la fête d’hier soir et tout était impeccable, aucune trace de passage de foule, si ce ne sont les odeurs fortes d’urine encore présentes dans le rues perpendiculaires. Le service de nettoyage a du agir toute la nuit et a fait preuve d’une grande efficacité !

 

Les jours suivants ….

 

Notre nouvelle demeure nous convient beaucoup mieux que la première. Nous avons la compagnie du personnel et des clients de l’hôtel, pas très nombreux pour l’instant, mais de plus en plus nombreux au fur et à mesure qu’approche le carnaval. Ceci dit, il ne sera pas surpeuplé et même si les prix sont doublés pour les 5 ou 6 jours du carnaval, il y a encore des places pour qui s’y prend au dernier moment !

Le grand hic pour moi est le manque de télévision. Nous allons suivre les telenovelas à la télévision commune, mais il y a toujours du bruit, des fumeurs et nous n’avons pas le recueillement nécessaire !

Un midi, nous décidons de partir en bus vers le shopping de Barra où nous chercherons une télévision soit à louer soit à acheter.

D’abord nous en profitons pour déjeuner chinois, puis pour aller au cinéma ! Dans le shopping on passe le film brésilien de Daniel Filho qui a été présenté à Cannes l’an dernier : « Se eu fosse você » (si j’étais toi), avec des acteurs que nous connaissons bien car héros de notre telenovela favorite, Tony Ramos et Gloria Deniz. C’est une comédie légère très drôle et très bien jouée. Nous y passons le début de l’après-midi profitant en plus d’un peu d’air conditionné ! Par contre à l’étonnement de tous nous refusons les paquets de « pipocas » (pop-corns) qui sont offerts avec le billet !

Pour ce qui est de la télévision, nous avons trouvé un petit téléviseur portatif, noir et blanc, pour moins de 100 reais et il fera mon bonheur pour le reste de notre séjour à Salvador (Dominique préfèrera continuer à regarder la novela dans la salle commune !). Nous pourrons même le rajouter à nos bagages pour le retour en avion, tant il est portatif !

les jours coulent .....

La suite ....